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Euthanasie, suicide assisté : partir en douceur ou en douleur ?

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Euthanasie, suicide assisté : partir en douceur ou en douleur ?

© George Peters/iStockphoto

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Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine « Comment recommencer ? En amour, au travail, dans la vie », en kiosque le 15 janvier 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Toujours en débat au Parlement, le droit à l’euthanasie et au suicide assisté ne nous condamnerait plus aux souffrances de l’agonie. Au prix d’une mise à distance de la réalité de la mort ? 

 

Ce que j’ai à dire vous choquera peut-être : lorsque je pense à ma mort, je m’imagine vouloir crever dans la douleur. L’idée vous semblera sans doute délirante, ridicule, mais elle m’obsède étrangement. Cette réflexion m’est venue en lisant la loi sur la fin de vie, ouvrant un droit à l’euthanasie et au suicide assisté. Je précise que je suis totalement pour : je ne crois pas que l’homme doive être condamné à subir les souffrances de l’agonie, pour le bon plaisir d’un Dieu ou d’une nature dont il faudrait accepter les ratés.

Apprendre de ses souffrances ?

C’est une expérience intime qui m’a fait réfléchir à ma propre mort : celle de l’accouchement. En bonne féministe, athée qui plus est, j’ai toujours pensé que la femme n’avait pas à enfanter dans la douleur, et qu’il fallait être folle pour refuser la péridurale. Or, plus le terme approchait, plus j’ai été prise d’un doute. La perspective de ne pas connaître ce que vivaient les femmes depuis la nuit des temps, de ne pas savoir ce que c’était, me dérangeait. « Ne dites pas n’importe quoi ! m’a sermonné l’anesthésiste. Vous n’imaginez pas le niveau de douleur. C’est comme si on vous coupait un doigt ! » Effrayée, j’ai accepté la péridurale… avant de réclamer, en plein travail, qu’on me l’enlève. J’ai alors vécu le supplice inouï qui précède la délivrance, ce martyre lors duquel corps et âme se disloquent, où l’on perd jusqu’à l’espoir de survivre. Une expérience impossible à décrire – et que je ne regrette en rien.

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