Exposition

Fan (et nostalgique) des années 80

Temps de lecture : 6 min

Années 80. Détail de l’affiche de l’exposition

Années 80. Détail de l’affiche de l’exposition. © Musée des Arts décoratifs

Cet article est réservé aux abonnés.

Le musée des Arts décoratifs à Paris accueille jusqu’au 16 avril 2023 une exposition consacrée aux années 1980, sous l’angle du design, du graphisme et de la mode. L’occasion de se replonger, non sans nostalgie, dans une décennie à l’optimisme flashy.


(Petits-)fils de pub !

D’ordinaire, ce sont les salles les plus snobées des expositions : celles mal, éclairées, où sont diffusés courts métrages et courtes vidéos qui tournent en boucle, avec seulement deux fauteuils et demi pour soulager son heure de déambulation dans les précédentes galeries. Au musée des Arts décoratifs (MAD) de Paris, elle est au contraire pleine à craquer. Toutes les deux secondes fusent parmi le public des « Oh ! tu te souviens ? » et des « Ah ! mais oui, elle était si drôle celle-là ! »

Ce n’est pourtant pas de l’art à proprement parler que diffuse le projecteur mais d’anciens spots publicitaires. À l’écran, des bonshommes à costume de bain rayé et coiffés de ce qui ressemble tout de même méchamment à une capote noire sautillent allègrement sous le logo Kodak. Cela fait belle lurette que les films couleur de la marque ont déserté les foyers des français au profit des smartphones, et pourtant, tout le monde se souvient avec tendresse de ce spot signé du photographe Jean-Paul Goude en 1984. C’était frais, joyeux, un peu idiot et naïf – on n’est pas sûre que la marque assumerait aujourd’hui la référence à des sortes d’aborigènes franchement caricaturaux. C’était il n’y a pas si longtemps, et néanmoins, cela paraît si loin : ne serait-ce pas la définition même de la nostalgie ?

 

La force tranquille de la nostalgie

L’exposition s’ouvre sur une publicité d’un autre genre : l’affiche électorale pour la campagne de François Mitterrand en 1981. Son visage confiant se détache sur fond de clocher traditionnel et de paysage paisible, dont les tons doux ont sans doute été étudiés dans leur moindre nuance par l’agence de communication phare de l’époque, RSCG (celle qui a permis à son fondateur Jacques Séguéla de s’offrir une Rolex). « La force tranquille » : le slogan est devenu culte, sans doute parce qu’il a ouvert les portes de l’Élysée au sourire jocondesque d’un président socialiste.

Cet article est réservé aux abonnés