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Faut-il interdire la pornographie ? Catharine MacKinnon face à Ronald Dworkin

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Faut-il interdire la pornographie ? Catharine MacKinnon face à Ronald Dworkin

Catharine Mackinnon -  Ronald Dworkin. © Joanna Tarlet Gauteur/Signatures pour PM - © Leo Sorel/AP/Sipa 

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Cet article est issu du numéro 197 de Philosophie magazine « L’Empire, stade ultime du capitalisme ? », en kiosque le 19 février 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Si les représentations sexuelles relèvent d’une politique sexiste, pourquoi ne pas y mettre fin ? C’est ce que soutient la juriste américaine Catharine MacKinnon. Un appel à la censure, réplique son compatriote, le philosophe Ronald Dworkin. Saurez-vous les départager ?

 

Premier round : pour MacKinnon, la pornographie institue une politique de violence envers les femmes

Aux yeux de la juriste Catharine A. MacKinnon, la pornographie est une « sexualité forcée ». Sa thèse, défendue dans Toward a Feminist Theory of the State (« Pour une théorie féministe de l’État », 1989 ; non traduit), est radicale : la pornographie est « une institution de l’inégalité des sexes ». Elle constitue une véritable « politique sexuelle » qui encourage les comportements violents envers les femmes. La théoricienne féministe s’oppose aux arguments traditionnels contre la pornographie fondés sur les notions morales d’obscénité, de violation des normes ou d’indécence, qui neutralisent la portée politique de cette pratique. Pour elle, la pornographie constitue bien une discrimination sexuelle, qui doit être interdite par l’État : quand elles peuvent prouver avoir subi un préjudice, les femmes concernées doivent pouvoir demander réparation au titre des droits civiques. 

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