François Morel. « Le rire ne doit jamais être rassurant »
François Morel au Salon du livre, en 2012 (cc) Wikimedia / Garitan
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Cet article est issu du numéro 69 de Philosophie magazine « 69 - mai 2013 », en kiosque le 24 avril 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Vos récents spectacles mêlent poésie, souvenirs, chansons. Y avait-il une lassitude dans la performance du rire ?
François Morel : Faire rire n’est pas mon obsession. J’aime les spectacles où l’émotion est reine, et le rire en est une. Je me sens comédien plutôt que comique, chroniqueur autant qu’humoriste. À mes débuts, je me vivais plus comme un pur comique, puis je suis allé vers une forme de spectacle plus intime. À la radio, il me semble qu’on m’aime autant quand je suis drôle que quand je ne cherche plus à l’être.
Vous avez dit récemment : « Le sérieux est aujourd’hui le véritable décalage. » L’humour est-il devenu obligatoire ?
Apporter du fond n’interdit pas le décalage – au contraire –, mais la recherche du décalage à tout prix débouche sur l’uniformité. Le ricanement automatique du talk-show souvent m’agace. Quoi de plus pénible que le rire à tout prix… Un cyclone fait plusieurs centaines de morts et après deux jours de silence, la plaisanterie obligatoire revient. Mieux vaut encore pleurer, c’est une autre façon de se lâcher.