Politique/Sécurité

Frédéric Gros. « L’État devrait sécuriser la liberté des personnes contre les abus de pouvoir »

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Cet article est issu du numéro 64 de Philosophie magazine « 64 - novembre 2012 », en kiosque le 25 octobre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls démantèle les camps de Roms, mais supprime la rétention des enfants sans-papiers. Le philosophe Frédéric Gros décrypte les intentions de celui qui tente d’allier « fermeté et humanisme ».

 

La politique de Manuel Valls relève-t-elle d’un sarkozysme dissimulé ou d’une nouvelle vision de la sécurité?

Frédéric Gros : Il est trop tôt pour pouvoir évaluer la politique de Manuel Valls en matière de sécurité. Nous en sommes pour l’instant surtout aux effets d’annonce mais on sent bien que le nouveau ministre de l’Intérieur fait tout pour faire exploser un vieux dilemme : la sévérité intransigeante de droite, taxée de répressive par la gauche, opposée à l’humanisme pédagogique de gauche, taxé de laxiste par la droite. Manuel Valls a décidé cependant de ne pas laisser le monopole de la valeur « sécurité » à la droite et entend montrer qu’un socialisme conscient des « difficultés du terrain » et éloigné de tout angélisme est possible. Ce qui l’amène à prendre des mesures qui, immé-diatement, le font dénoncer par sa gauche comme néosarkosyste. Cela dit, même s’il faut rester vigilant, il a encore une bonne marge.

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