Décalogue 5. Tu ne tueras point

Frédérique Leichter-Flack:  “Le mal paraît sans racine mais inéluctable”

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Cet article est issu du numéro 101 de Philosophie magazine « L’instant présent. Attrape-le si tu peux ! », en kiosque le 16 juin 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Décalogue 5, “Tu ne tueras point”, vu par Frédérique Leichter-Flack.

« Le film a été vu en 1988 comme un plaidoyer contre la peine de mort, que la France avait abolie assez récemment. Il met en scène l’argument qui fut l’un de ceux du garde des Sceaux Robert Badinter en 1981 : tuer, qu’il s’agisse d’un acte criminel ou d’une exécution décidée par une procédure de Justice, est pareillement inacceptable pour une société. Kieslowski le reprend “par la face Nord”, en renonçant à l’empathie (rien ne nous attache ni à la victime ni au meurtrier), pour nous montrer le fait de tuer, dans les deux cas, dans sa matérialité crue. Ce parallèle me paraît aujourd’hui non seulement dépassé – le débat est derrière nous – mais presque indécent. Car dans ce film, il s’agit de regarder tuer, et non de regarder mourir, et cela me pose le problème de notre droit de montrer et de regarder une mise à mort.

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