Hors-série "Game of Thrones"

Game of Thrones : le réveil du religieux

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Cet article est issu du Hors-série n°n° 41 de Philosophie magazine « “Game of Thrones” », en kiosque le 21 mars 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En 2015, la population mondiale comptait 84  % de croyants 1. Le taux est stable, mais la ferveur s’intensifie, jusqu’à susciter parfois une forme d’intolérance fanatique. De l’expansion des mouvements évangéliques au dynamisme de l’Islam, en passant par la multiplication de conflits interconfessionnels, notre époque est moins sécularisée qu’on a pu croire. De même à Westeros : alors que la religion n’était plus qu’une institution moribonde et que la magie passait pour un simple mythe, l’omniprésence de la guerre et la menace d’une apocalypse attisent les peurs et réveillent le besoin de transcendance. Ce retour du religieux questionne aussi bien les athées que les croyants d’aujourd’hui.

 

Les anciens dieux

Les anciens dieux étaient, à l’origine, vénérés par les Enfants de la forêt, un peuple quasi légendaire que combattirent les Premiers Hommes arrivés à Westeros avant d’en adopter le culte. Depuis l’arrivée des Andals, le culte des anciens dieux a été supplanté par celui des Sept, mais la Couronne protège encore ses adeptes, qui restent nombreux au nord.

Il s’agit d’une religion dépourvue de clergé, de rituels et de cérémonies : le rapport entre les hommes et les dieux est intime et silencieux. D’ailleurs, les anciens dieux ne possèdent ni nom ni attribution définie. Seuls les barrals, des arbres dans l’écorce desquels sont sculptés des visages, servent d’intercesseurs. Mais en réalité, les anciens dieux sont présents partout dans la nature, laquelle forme une totalité qui nous préexiste et nous survit. « La terre est une. » 2

Ce culte s’apparente donc à l’animisme plus qu’au polythéisme. Capables d’entrer en symbiose avec les barrals, les vervoyants prolongent ainsi leur vie bien au-delà des limites normales et accèdent à la mémoire du passé dont ces arbres ont été les contemporains comme ils du futur dont ils témoigneront. Ils incarnent cet esprit de communion harmonieuse avec le monde propre à la religion des anciens dieux.

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