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“GemÖk” : ouvrir un compte commun avec ses amis ?

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“GemÖk” : ouvrir un compte commun avec ses amis ?

© Master1305/iStockphoto

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Ouvrir un compte commun avec ses amis ? Cette idée séduit quelques Allemands, dans un contexte d’incertitude économique. Le Spiegel partageait il y a peu l’histoire de Jana, Lukas, Laura et Madru, deux couples qui, inspirés par des principes « venu[s] de la gauche des idées », ont fait le choix de mutualiser leurs revenus. Le phénomène, timide, a été baptisé « GemÖk », pour Gemeinsame Ökonomie, « économie commune ». Quels sont ses grands principes ?


 

Les quatre amis n’habitent pas ensemble [lire ici l’article en allemand, sur le site du magazine Der Spiegel]. Ils n’ont pas (ou n’avaient pas, avant d’entrer dans ce mode d’organisation) le même niveau de vie. Jana est assistante sociale alors que Luka est médecin. Cependant, tous versent l’intégralité de leur salaire à un fonds commun. Toute dépense supérieure à 100€ doit faire l’objet d’une discussion collective. Le fonds sert à financer l’intégralité des dépenses. On apprend ainsi que Jana et Luka l’ont utilisé pour effectuer un voyage aux Galápagos, que leur deux amis ont de fait contribué à payer mais sans participer à ces vacances. Le fonctionnement peut déconcerter. Or « après une phase de test de six mois, [les quatre amis] ont décidé de poursuivre l’aventure ». Leur expérience reste, pour l’heure, une curiosité. On compte « une dizaine de collectifs dans ce genre » outre-Rhin. Le premier est né à la fin des années 1990 dans une colocation étudiante de Göttingen.

L’expression « GemÖk », à vrai dire, déborde ces cas un peu atypiques. Elle est également mobilisée pour décrire le fonctionnement de communautés plus larges et plus intriquées. La « commune de Niederkaufungen », fondée en 1986 et qui compte aujourd’hui 62 membres adultes et 20 enfants et adolescents, se revendique ainsi de la Gemeinsame Ökonomie. « Tous les biens et les revenus sont collectivisés à l’entrée dans la commune » et sont versés dans une « caisse commune », résument Michael Mießner, Matthias Naumann et Ulrike Grabski-Kieron dans Ländliche Utopien (« Utopies rurales », non traduit). « La répartition de l’argent s’organise selon le principe du besoin et sur base de la confiance », selon le « principe de consensus ». Mais la mise en commun va plus loin : « À côté des ressources financières, l’habitation, les véhicules et les machines à laver sont aussi partagés. » Ce type d’organisation est marqué à gauche. On le retrouve dans différentes communautés socialistes, anarchistes, communistes, mais également, dans un passé plus lointain, au sein de de petites communautés religieuses. Dans une certaine mesure, c’est aussi le mode de fonctionnement du couple (ou de certains couples).

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