Hand spinner. La machinerie du destin

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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il a été, le temps d’une saison, l’objet vedette des cours de récréation. Mais les petits – et les grands – qui s’amusent à le faire tourner ont-ils conscience qu’ils ont entre leurs doigts bien plus qu’une toupie améliorée ?

Elle est âgée de 4 ans. Elle s’ap­proche de mon bureau, se saisit du hand spinner orange vif constellé de paillettes dorées. « C’est quoi ? » me demande-t-elle avec des yeux séduits. Je lui dis : « Regarde. » Je prends l’objet entre le pouce et l’index et le fais tourner. « Tu me le donnes ? » Après deux ou trois essais, elle parvient à le faire tourner à son tour et de plus en plus vite. C’est à elle de me dire : « Regarde ! » Et bientôt : « Tu sais faire ça ? Et ça ? » Déjà, elle veut comparer nos niveaux de maîtrise de l’objet.

Il a circulé un temps l’idée que le hand spinner était un objet utile, inventé pour les autistes ou pour aider à la concentration des enfants hyperactifs – une fable, exploitée lors de son lancement comme argument publicitaire. S’il ne sert à rien, d’où vient alors qu’il fascine nos enfants au point qu’il s’est répandu comme une épidémie dans les cours de récréation, qu’il a inondé YouTube et Facebook ? 

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