Ma préférence à moi #3

Hua, Fleur de Chine

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Cet article est issu du numéro 40 de Philosophie magazine « 40 - juin 2010 », en kiosque le 27 mai 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Qui trouvez-vous très beau ? Sept auteurs – philosophes, sociologues, psychanalystes, romanciers, historiens ou ethnologues – nous répondent. Et révèlent, en creux, le point tendre de leur recherche intellectuelle.

Dans la Cité interdite, je contemple la beauté de Hua : Fleur, Fleur de Chine. La pivoine rouge qui la coiffe était portée jadis par les filles de familles nobles (dynastie Qing, 1644-1912) ; symbole de « Yong Rong Fu Gui » (« maganificence, fortune, noblesse »). « Comme ma petite-fille », rit sa grand-mère, qui veut « une photo porte-bonheur ». Pourtant, la finesse et l’ovale du visage de jade rose semblent pétris d’effroi. Comme son pays, Hua se méfie : ses yeux boudent la parure et le monde qui la regarde. Fleur de Chine inclinerait-elle vers Li Qingzhao, la poétesse des Song (960-1279), qui mêlait ses rythmes et l’écriture du monde dans une pluie de mélancolie : « ici-ici, là-là/froid coupant vert glace/rien rien peur peur/platane dans la pluie fine/jour jaune sombrant goutte à goutte/il était une fois/un mot mort ne suffit pas » ? Non, à mes yeux, Fleur de Chine est tout simplement La Beauté.

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