« Je suis Homère »

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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Mythe ou réalité ? L’existence du poète est une question encore discutée à ce jour.

La tradition fait d’Homère l’inventeur de la littérature occidentale. Il aurait vécu au VIIIe siècle av. J.-C., pas moins de sept cités grecques se disputant sa naissance, dont Athènes, Chios et Smyrne. « Partout chaque cité revendique Homère, si bien qu’on pourrait le dire citoyen du monde », remarque le philosophe néoplatonicien Proclus. On le dit aveugle : voilà pour les détails connus de ce qu’aurait été sa vie. Dès l’Antiquité, Homère est l’objet d’un culte quasi divin : on lui dresse temples et statues, on lui offre des sacrifices, on écrit des vers en son honneur. Pour les Anciens, pas de doute, Homère a bel et bien existé. Dans la République, Platon se permet même d’aller à contre-courant de la vénération en critiquant la poésie, coupable d’éloigner ses auditeurs du vrai et du bien. Malgré « l’affection et le respect que j’ai depuis l’enfance pour Homère », Socrate s’en prend « aux poètes tragiques et à tous ces autres poètes de l’imitation » dont les œuvres « déforment l’esprit de leur auditoire ». Même égratigné, le mythe n’est pas remis en question. Toutefois, il se pourrait bien qu’Homère ne soit qu’une invention, son nom n’étant qu’un générique pour les nombreux aèdes qui se seraient transmis les presque trente mille vers de l’Iliade et de l’Odyssée au fil des siècles. Dès le XVIIe siècle, le mystère passionne les érudits, et la « question homérique » reste, aujourd’hui encore, sans réponse. Réel ou non, le « poète souverain » comme le louait Dante, ainsi que ses vers, appartiennent désormais à tout le monde.

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