Parcours
Joann Sfar. Faiseur d’histoires
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Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce dessinateur prolifique a inventé un univers où se mêlent surnaturel, mystique juive et mythologie platonicienne. Tous les ingrédients qui ont fait le succès du Chat du rabbin.
Les livres de Platon et la série Kung Fu, voilà ce qu’il aime. Et aussi les penseurs et les justiciers. Les dialogues constructifs et les saintes colères. Joann Sfar est ainsi fait. Le logos occidental l’inspire, mais on le sent impulsif et sanguin. Ses scénarios de bande dessinée titillent les certitudes : « Dans Le Chat du Rabbin, je ne professe pas une vision du monde, je ne prêche pas », assure-t-il. Pourtant, les histoires qu’il adore, ce sont celles « de types qui veulent faire justice ». Il affirme préférer la philosophie à la religion, mais cela ne l’empêche pas d’afficher un vif intérêt pour ce « Christ aux yeux noirs, dans la statuaire byzantine, capable d’aller casser la gueule aux autres parce qu’il est tout le temps en colère ». Inutile de chercher une cohérence là-dedans, on n’en trouvera pas. Si ce n’est que ce jeune père de 35 ans est lui-même le fils d’un juif traditionaliste épris de laïcité… Le rapport ? Il le dit lui-même : « La religion juive, depuis le XIIe siècle et depuis Maïmonide, se nourrit de philosophie grecque. Aristote fait partie du cursus et de l’éducation des jeunes juifs. C’est le même monde. »