Exposition
"K-Beauty" au musée Guimet : la beauté avec un grand K
Magazine “Femme” volume 1-3. © The Modern Bibliography Review Society — “Listening”, Kim Insoong, 1966, Collection of the National Museum of Modern and Contemporary Art Korea. © Courtesy of the Artist Family
Le musée Guimet, à Paris, retrace en ce moment l’histoire de la beauté « à la coréenne » – une esthétique de l’apparence soignée que l’on désigne aujourd’hui par le terme global de K-beauty. Mais il ne s’agit pas seulement de mannequins à la peau parfaite tels qu’on peut les voir sur les réseaux… La K-beauty est une véritable philosophie du corps et de la santé, née il y a plusieurs siècles. Ariane Nicolas vous fait découvrir cette exposition.
« Si comme moi, vous avez adopté une skincare routine pour améliorer le glow de votre visage, vous avez forcément croisé le nom d’une marque de beauté coréenne quelque part. Avec la K-pop et les K-dramas, la K-beauty est l’un des composants essentiels de la “vague coréenne” (hallyu), phénomène d’expansion économique qui a permis à l’ancien tigre asiatique de devenir une puissance culturelle mondiale.
La “K-beauty”, un phénomène loin d’être récent
La K-beauty n’est toutefois pas apparue avec les réseaux sociaux, où elle inspire des milliers de vidéos expliquant comment parfaire un teint lisse, pulpeux, éclatant. Elle a une histoire longue, que l’exposition au musée Guimet retrace pour la première fois, avec une scénographie élégante arrangée autour d’une grande rotonde. On y découvre des dessins et des peintures vieux de plusieurs siècles, issus de collections internationales et du musée, mais aussi des objets du quotidien (pot à onguent orné, pendentifs norigae, somptueuse jarre-lune) ou encore des couvertures de magazine et des photos d’artistes contemporains, permettant de mesurer les permanences et les métamorphoses de la beauté coréenne à travers les âges.
Au-delà des apparences
S’il est évidemment question d’apparence de la peau, cette esthétique concerne le corps entier, comme le notent Claire Bettinelli et Claire Trinquet-Solery, les commissaires de l’exposition : “Influencée par un néoconfucianisme particulièrement strict, la beauté coréenne coïncidait, en principe, avec une esthétique féminine de la retenue : un teint clair, des cheveux soignés, des vêtements sobres et nets, des ablutions quotidiennes.” Depuis le XVe siècle, l’une des caractéristiques de la K-beauty est de penser la beauté comme un soin, et même comme une question de santé. “Ainsi, des recettes de poudres à visée éclaircissante, d’huiles parfumées ou de baumes protecteurs étaient transmises entre générations et consignées dans des manuels comme le traité médical Donguibogam.”
On retrouve cette attention aujourd’hui dans la cosmétique, avec un accent mis sur les produits naturels, comme la Centella asiatica, le ginseng, l’hamamélis ou le riz noir fermenté. Une esthétique “souvent contraignante”, concède l’exposition, pour les femmes comme d’ailleurs pour les hommes, mais qui séduit par ce croisement avantageux entre rigueur et délicatesse. »
« K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène », exposition au musée national des Arts asiatiques Guimet, à Paris. Jusqu’au 6 juillet. Infos pratiques.
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