La bataille de Gaugamélès. Le chef-d'œuvre d'Alexandre Le Grand

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Cet article est issu du Hors-série n°64 de Philosophie magazine « L'art de la guerre », en kiosque le 13 mars 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En 331 av. J.-C., dans l’actuel Kurdistan irakien, 31 000 phalangites et 7 000 cavaliers macédoniens d’Alexandre le Grand font face aux 277 000 fantassins, 23 000 cavaliers, 200 chars à faux et 15 éléphants de guerre de l’empereur perse Darius III. Face à la supériorité écrasante de son ennemi, Alexandre opte pour un placement en échelon. La bataille qui décide le sort du monde méditerranéen peut commencer.

Le discours d'Alexandre / Moins d'hommes, plus de soldats

« Après avoir parcouru tant de pays dans l’espérance de la victoire pour laquelle ils allaient combattre, il ne leur restait plus, disait-il, que ce hasard à courir. Il leur rappelait et les bords du Granique, et les montagnes de la Cilicie, et la Syrie, et l’Égypte conquises sur leur passage, gages précieux d’espérance et de gloire. Si les Perses, arrêtés dans leur fuite, allaient livrer bataille, c’était qu’ils ne pouvaient plus fuir : depuis trois jours, pâles de crainte et ployant sous le fardeau de leurs armes, ils demeuraient immobiles : la plus sûre preuve de leur désespoir était qu’ils brûlaient les villes et les campagnes ; ils avouaient par là que tout ce qu’ils ne détruisaient pas était à l’ennemi. Qu’ils se gardassent seulement de craindre ces vains noms de nations inconnues ; de quelle importance était-il pour le succès de la guerre que ces Barbares s’appelassent Scythes ou Cadusiens ? S’ils n’étaient point connus, c’est qu’ils ne méritaient pas de l’être ; jamais le courage ne restait ignoré. Des lâches arrachés de leurs retraites pouvaient-ils apporter au combat autre chose que leurs noms ? Les Macédoniens, au contraire, avaient gagné par leur bravoure que des guerriers comme eux ne fussent ignorés en aucun coin de l’univers. Qu’ils jetassent les yeux sur cette multitude sans ordre : l’un ne portait avec lui qu’un javelot, l’autre une fronde pour lancer des pierres ; un très petit nombre avait une armure complète. Ainsi, d’un côté, il y avait plus d’hommes ; de l’autre, plus de soldats. »

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