Société

La clim’ est-elle en train de devenir éthique ?

Temps de lecture : 5 min

La clim’ est-elle en train de devenir éthique ?

© Marianna Lishchenco/iStockphoto

Cet article est réservé aux abonnés.

La climatisation a longtemps été un sujet litigieux. Avec les vagues de chaleur que l’on endure aujourd’hui, la question est devenue brûlante : est-elle le symptôme d’un renoncement écologique ou l’une des conditions d’une justice climatique à venir ?


 

Aujourd’hui, il a fait plus chaud en France que dans le désert du Sahara. Cette chaleur qui fait suffoquer l’Hexagone semble avoir amorcé un changement assez profond – peut-être pérenne — dans la conception que nous avons de la chaleur, et des outils pour y remédier… à commencer par le plus célèbre et le plus polémique d’entre eux : la climatisation.

Rembobinons. Pendant des années, la climatisation a été perçue depuis la France comme l’objet par excellence de l’individualisme climatique. Privilège des hôtels de luxe, des foyers les plus aisés, de certaines régions des États-Unis et des grandes villes des Émirats arabes unis, elle était envisagée comme la marque de l’égoïsme de nantis aveugles aux effets induits par cet usage massif de la climatisation. Rappelons à ce titre qu’un climatiseur électrique rejette de l’air chaud en dehors des bâtiments, ce qui contribue à renforcer localement les phénomènes d’ilôt de chaleur urbaine.

Encore aujourd’hui, la climatisation reste cet outil de repli individuel qui permet – seulement à certains – de jouir de conditions de vie vivables, voire légèrement trop fraîches, tandis que le reste de la population suffoque. Les espaces de vies sont scindés en deux : des bulles de fraîcheurs d’une part (comme les locaux climatisés dans le secteur du tertiaire) et des zones tout bonnement invivables (à commencer par les rues goudronnées).

Cet article est réservé aux abonnés