La galaxie Pascal
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Cet article est issu du numéro 107 de Philosophie magazine « Peut-on aller bien dans un monde qui va mal ? », en kiosque le 15 février 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Né dans une famille de la noblesse auvergnate le 19 juin 1623, Blaise Pascal tient peut-être de son père son insatiable curiosité pour les sciences. Ce dernier, receveur des impôts, fréquente les esprits les plus brillants de son temps. La carrière scientifique de l’enfant commence à 11 ans avec un Traité sur les sons. L’étude des humanités complète la formation de celui qui, à 17 ans, s’intéresse aux coniques et bientôt à l’invention d’une machine à calculer, la Pascaline. Quand le père se convertit au jansénisme, c’est toute la famille qui doit prendre le pas, à commencer par l’adolescent. C’est ainsi qu’il fréquente dès 1646 l’abbaye de Port-Royal, à Paris. Il poursuit ses recherches en s’intéressant à la question du vide – il n’entend rien moins que réfuter les physiques d’Aristote et de Descartes – et au calcul de probabilités, soit la « géométrie du hasard ». En 1654, le 23 novembre, alors que Pascal se sent abandonné de Dieu et quelque peu dégoûté du monde, il a comme une révélation : c’est sa nuit de conversion ou « nuit de feu ». Le savant est touché par l’ardeur d’une foi qui suscite « joie, joie, joie, pleurs de joie ». Suivent retraites et prières : à 31 ans, Pascal se destine à « un oubli du monde et de tout hormis Dieu ». Ce qui ne l’empêche pas de prendre part à l’ardente querelle qui oppose jansénistes et jésuites en 1655. Après la guérison, semble-t-il miraculeuse, de sa sœur, Pascal s’attelle à l’écriture d’une apologie de la religion chrétienne, restée sous le nom des Pensées. Elles ne seront publiées qu’après sa mort. Il s’éteint le 19 août 1662.