Cinéma

La loi de l’inéluctable

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Cet article est issu du numéro 16 de Philosophie magazine « 16 - février 2008 », en kiosque le 24 janvier 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En adaptant le terrifiant roman de Cormac McCarthy, les frères Cohen se demandent si la violence des hommes est le fruit de leur responsabilité ou si elle obéit aux lois de la nature.

Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, thriller de Joel et Ethan Coen avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin.

 

Dans la blanche lumière du désert, Moss (Josh Brolin), chasseur d’antilopes, découvre un horrible carnage. Les corps gonflent au soleil, le sang sèche sur la tôle des voitures abandonnées, un chien gît par terre. Un survivant interpelle le chasseur, lui demande de l’eau. Moss préfère prendre l’argent et rentre chez lui. Des États-Unis au Mexique, de motel en motel, il va passer le peu de jours qu’il lui reste à fuir l’inquiétant Chigurh (Javier Bardem), tueur psychopathe armé d’un compresseur, et l’indolent Bell (Tommy Lee Jones), shérif en fin de carrière, revenu de tout.

Adapté du roman de Cormac McCarthy, le film en reprend la dialectique simple : un monde ancien meurt, un nouveau ne cesse de faire mourir. Tout oppose le tueur invincible et le shérif cabossé : Chigurh tue de sang-froid des victimes qu’il regarde tranquillement dans les yeux ; Bell ne veut plus rien voir et se contente de raconter les meurtres lus dans le journal, quitte à se délecter des mots qui distillent l’horreur goutte-à-goutte. D’un côté, la parole et le passé ; de l’autre, le regard et le présent. Mais le passage du roman à l’écran n’est pas une simple transposition et le dispositif cinématographique vient révéler une vérité latente et dérangeante.

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