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“La Parole aux Négresses” d’Awa Thiam, ou les paradoxes du féminisme noir

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“La Parole aux Négresses” d’Awa Thiam, ou les paradoxes du féminisme noir

“La Parole aux négresses”, d’Awa Thiam. © Éditions Divergences – © Wikimedia Commons_CC 4.0

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La Parole aux Négresses, classique méconnu de l’anthropologue sénégalaise Awa Thiam, est enfin réédité (aux éditions Divergences). Le philosophe Norman Ajari explique en quoi cet ouvrage fondamental ouvre de nouvelles perspectives sur les combats comme sur les paradoxes du féminisme noir.


Paru pour la première fois en 1978 et introuvable depuis de nombreuses décennies, La Parole aux Négresses de l’anthropologue sénégalaise Awa Thiam est une fondation théorique méconnue du féminisme noir d’expression française. Son heureuse réédition permet de redécouvrir l’acuité et la prescience d’une autrice en avance sur son temps.

Explicitement inspirée par Marx, Angela Davis, Frantz Fanon et le féminisme français du milieu du XXe siècle, Thiam cherche à penser la condition des femmes d’Afrique subsaharienne par et pour elles-mêmes. En effet, le louable objectif de cet ouvrage est d’aller au-delà des hommages érotisés à la femme noire, aux émouvants poèmes de la négritude et autres odes qui ont bruyamment célébré l’Africaine mais se sont rarement donné la peine de traduire ses aspirations concrètes.

 

Un combat de l’intérieur des sociétés africaines

Les questions centrales du livre, qui portent sur la polygamie, les mutilations génitales ou encore le blanchiment chimique de la peau noire, n’ont rien perdu de leur acuité. Singulièrement, avec l’accession récente au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal connaît son premier président officiellement polygame. Le pays possède désormais deux premières dames.

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