Chine / Idéologie
La « positive attitude » à la chinoise
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Cet article est issu du numéro 86 de Philosophie magazine « 86 - février 2015 », en kiosque le 15 janvier 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour lutter contre les déviants du régime, le pouvoir chinois utilise désormais les slogans du développement personnel. Mais le philosophe Herbert Marcuse, dès les années 1960, dévoilait déjà les dangers de la «pensée positive».
Une formule fait florès en Chine. Il s’agit de « l’énergie positive » (shi fang zheng neng liang). Le président Xi Jinping a employé cette expression plusieurs fois. Le 2 juillet 2013, lors d’une visite de l’ancien secrétaire d’État américain au Trésor Henry Paulson à Pékin, il a exhorté Chine et États-Unis à insuffler de « l’énergie positive » dans leur relation. Le 15 octobre, lors d’un discours devant les représentants de la culture, il a félicité un obscur blogueur anti-occidental pour son « énergie positive ». Il a fait de ce terme une pièce maîtresse de son offensive idéologique pour reprendre en main la société. Afin de réaliser le « rêve chinois », la population doit se montrer enthousiaste, confiante, vibrante, optimiste. Et gare aux grincheux ! À la mi-novembre, le Quotidien du Liaoning, organe dépendant du parti communiste, a publié une « lettre ouverte aux professeurs de philosophie et de sciences sociales » dénonçant le mauvais esprit, critique et négatif, de certains enseignants. En attendant, on n’a jamais autant arrêté de dissidents. Des rabat-joie.