Au fil des âges

La première fois

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Cet article est issu du numéro 26 de Philosophie magazine « 26 - février 2009 », en kiosque le 29 janvier 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La première fois, c’est la véritable sortie de l’enfance, même si ce n’est pas encore tout à fait l’entrée dans l’âge adulte. Que perd-on ce jour-là ? Son pucelage (du latin pullus : « petit d’un animal »), sa virginité ou son innocence, même si l’on sait, depuis Freud au moins, que nos adorables bambins sont des pervers polymorphes et que la sexualité ne commence pas à la « première fois ». Ce qu’on gagne ? Une identité, qui peut être encore flexible, mais surtout la découverte d’un tout nouveau registre de la relation à autrui. Celui d’une communication sans mots, d’une intimité sans fusion, d’un plaisir à façonner le plaisir à deux. C’est un continent inconnu qui s’offre, dont l’éducation sexuelle scolaire, la masturbation ou la pornographie précoce ne donnaient qu’une image très imparfaite. Certes, tout cela peut avoir une vertu (plus ou moins) préparatoire et exploratoire, mais la découverte elle-même ne se transmet pas ; elle s’expérimente comme une initiation : un mystérieux mélange d’imaginaire et d’éprouvé.

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