Humeur

La purification poétique

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Cet article est issu du numéro 23 de Philosophie magazine « 23 - octobre 2008 », en kiosque le 25 septembre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En citant Platon, le philosophe slovène Slavoj Žižek a récemment défendu l’idée que c’était parce qu’il était dans sa jeunesse un poète que Radovan Karadzic avait conduit la Serbie au massacre… Une dénonciation de la poésie qui ne devait pas rester sans réplique.

L’inculpation par le Tribunal pénal international (TPI) de Radovan Karadzic a eu un effet collatéral inattendu qui concerne la philosophie. Dans une tribune du Monde du 1er août dernier, Slavoj Žižek, philosophe et psychanalyste slovène, avance que les crimes imputés à Karadzic ne sont pas dus à la violence d’un « chef militaire et politique » ou à la paranoïa d’un « psychiatre de formation », mais à une tout autre source, car l’homme en question est « aussi un poète ». Seule sa poésie permet de comprendre « le fonctionnement du nettoyage ethnique ». Pour étayer son hypothèse, le philosophe s’appuie sur quelques vers du dirigeant serbe qui demande à son lecteur de se convertir à sa « nouvelle foi » et de regarder le soleil, « ce dieu [qui] ne t’interdit rien ».

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