Au bistrot

Slavoj Žižek. L’aventurier de la pop philosophie

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Slavoj Žižek. L’aventurier de la pop philosophie

© Alexandra Kinga Fekete pour PM

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Cet article est issu du numéro 1 de Philosophie magazine « 1 - avril/mai 2006 », en kiosque le 30 mars 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Slavoj Žižek partage son temps entre la Slovénie, les Etats-Unis et l’Amérique latine. Capable de sauter d’une exégèse pointue de Heidegger à une analyse de blockbuster, il se confronte, avec force et style, à la complexité du monde contemporain. Rencontre.

Lorsqu’on a rendez-vous avec Slavoj Žižek (prononcer Slavoye Jijek), inutile de s’appliquer à préparer l’entretien. Le penseur slovène, nouvelle figure internationale de la pop philosophie et héritier critique de la French Theory des Deleuze, Lyotard, Baudrillard et consorts, pourvoit à tout. Aux réponses comme aux questions.

Le premier contact avec l’homme est chaleureux. Slavoj Žižek possède ce qu’on appelle une « présence physique ». Massif, les cheveux en bataille, une large barbe de pope, vêtu d’une veste légère et d’une simple chemise alors que, dehors, il gèle à pierre fendre, il tranche avec les bobos fragiles du Bar du Marché, carrefour de Buci. On croirait voir un personnage de Dostoïevski. Surtout si on ajoute à cela son accent slave et son ton passionné. Žižek, qui a suivi les cours de Lacan à Paris, parle un français parfait, mais n’a jamais réussi à se départir des inflexions de sa langue maternelle.

Un entretien avec lui défie toute description. Exactement comme dans ses livres, qui passent sans transition de considérations hautement théoriques à l’analyse de comportements ou d’objets contemporains banals (comme le tamagoshi), il lui suffit d’une amorce, et le voici parti dans d’interminables digressions, avec force citations, incises et incises d’incise, où se mêlent philosophie, commentaires de l’actualité et confidences sur sa vie privée. « C’est ainsi qu’on discute dans les Balkans ! » lance-t-il avec un large sourire.

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