Technologie
La révolution de l’ascenseur ou la fin paradoxale de la verticalité
© Vale Zmeykov/Unsplash
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Avec l’arrêt des réseaux 2G et 3G, 290 000 ascenseurs risquent bientôt de ne plus pouvoir fonctionner, avertissait il y a peu la Fédération des ascenseurs. Retour sur une invention entrée dans notre quotidien et qui, d’après le philosophe Gaston Bachelard, nous a installé dans un monde plus horizontal que vertical.
Près de 300 000 ascenseurs pourraient bien, sous peu, ne plus fonctionner. En cause : l’arrêt des réseaux 2G et 3G (respectivement fin 2026 et fin 2029) qui permettent à de nombreux systèmes de téléalarme – qui signalent les pannes – d’être opérationnels. En cas de dysfonctionnement du système d’appel d’urgence, l’ascenseur n’est plus conforme, et son accès est bloqué. C’est ce qui risque d’arriver à des milliers d’ascenseurs en France. Pour la Fédération des ascenseurs, qui regroupe les professionnels du secteur, les délais sont trop courts pour mettre à niveau l’ensemble des dispositifs. L’occasion de revenir sur la manière dont cette invention si pratique qu’on ne la remarque pratiquement plus a changé (modestement) nos vies.
De l’Antiquité à la “chaise volante”
Symbole de la modernité, l’ascenseur a en fait une longue histoire. Dès le IIIe siècle avant notre ère, l’ingénieur grec Ctésibios d’Alexandrie aurait mis au point un système de monte-charge hydraulique (actionné par de l’eau sous pression). L’architecte romain Vitruve, lui, évoque un élévateur à bras actionné par un treuil à bras inventé par Archimède. Sporadiquement, au fil de l’histoire, certaines structures architecturales sont équipées de systèmes mécaniques permettant d’élever simplement des biens et des personnes. Au XVIIe siècle, Jean-Jacques Renouard, comte de Villayer, met ainsi au point des « chaises volantes » manœuvrées par l’occupant de la cabine grâce à un câble, qui, « par des contrepoids, montent et descendent seules entre deux murs à l’étage qu’on veut, en s’asseyant dedans par le seul poids du corps et s’arrêtant où l’on veut », écrira le duc de Saint-Simon. Au moins une de ces chaises volantes est créée à Versailles par le machiniste Blaise-Henri Arnoult : elle permet à Madame de Châteauroux de rejoindre aisément son amant, Louis XV, et est par la suite utilisée par Madame de Pompadour.