Innovation verte

“La révolution du bambou est en marche”

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“La révolution du bambou est en marche”

Jeanne Pham-Tran. © Francesca Mantovani/Gallimard/opale.photo

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Des scientifiques de la Central South University of Forest and Technology (CSUFT) située à Changsha, en Chine, ont créé un nouveau type de verre à partir de bambou. L’un des objectifs affichés est de trouver une alternative à l’industrie très polluante du verre de silice. Un exemple frappant de ce que l’essayiste Jeanne Pham Tran nomme la « révolution bambou » dans son tout nouvel ouvrage (Révolution bambou, Éditions des Équateurs).


Des chercheurs de la CSUFT, une université chinoise, ont récemment créé un « verre » transparent à base de bambou. Qu’est-ce cela vous inspire ?

Jeanne Pham Tran : Cette invention du « verre de bambou » est une trouvaille magnifique, car le bambou est une des rares plantes constituées de 70 % à 85 % de silice naturelle, un composant qui lui confère sa dureté et sa solidité. Cela pourrait à terme remplacer le verre dont le processus de fabrication est polluant, car il nécessite l’utilisation de fours énergivores à fortes émissions de gaz à effet de serre. Le bambou, lui, est un matériau écologique parce qu’il est d’une très grande polyvalence. On peut le transformer en une multitude d’objets du quotidien (meubles, ustensiles de cuisine, outils, stores, nattes, paniers…). De plus, en remplaçant nombre de matériaux polluants tels que le verre, le plastique, le béton ou l’acier, il peut stocker de grandes quantités de CO2 ! C’est un matériau low tech par excellence : il est utile dans plein de domaines de la vie courante, accessible (léger, peu cher et facile à travailler) et durable (zéro déchet, à faible consommation d’énergie, avec une longue durée de vie depuis que nous savons le traiter). C’est également une plante hautement écologique grâce à sa vitesse de croissance exceptionnelle, à sa capacité à se renouveler tout seul, à « reforester » des zones dégradées. Les vertus du bambou sont également écosystémiques : tel une éponge géante, il est capable de stocker et d’absorber de grandes quantités d’eau, de lutter contre l’érosion et de restaurer les sols pauvres. Enfin, le bambou est un formidable agent de lutte contre la déforestation : contrairement à l’abattage des arbres qui est un acte définitif, la coupe régulière des chaumes [tiges] matures favorise le développement de nouvelles pousses et la régénération du rhizome. La Chine a compris depuis quelques années qu’il pouvait être intéressant d’investir dans la recherche autour du bambou tant d’un point de vue écologique qu’économique, technologique et scientifique. 

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