Pays-bas / Économie

La solidarité à l’épreuve de l’allocation universelle

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La solidarité à l’épreuve de l’allocation universelle

Université d’Utrecht (cc) Moyogo / Wikimedia Commons

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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une allocation universelle inconditionnelle : encouragement à la paresse ? Pas si sûr, car c’est au nom du libéralisme que la mairie d’Utrecht expérimente ce pari économique et philosophique.

Et si chacun percevait, indépendamment de ses ressources et de son activité, de ses mérites ou de ses besoins, un revenu de base ? Si l’État versait de l’argent inconditionnellement à tous, afin de couvrir nos frais de vie et la réalisation de nos libertés individuelles, faudrait-il craindre une prime à l’oisiveté, l’exploitation des travailleurs par les paresseux, une désorganisation du système de redistribution ?

La ville d’Utrecht aux Pays-Bas fait le pari inverse en annonçant l’instauration d’une allocation universelle remplaçant toutes les prestations sociales attribuées jusqu’alors. Cette expérience menée en partenariat avec l’université d’Utrecht met à l’épreuve une hypothèse économique et philosophique qui puise ses sources à la fin du XVIIIe siècle chez Thomas Paine, l’un des premiers à imaginer la possibilité d’une « dotation inconditionnelle ». Selon Nienke Horst, chargée du projet auprès de la mairie, il s’agit, dans un souci d’ef­ficacité, non seulement de simplifier administrativement les règles d’allocation des prestations sociales mais aussi de vérifier une intuition : « Nous pensons qu’en dépit d’une diminution voire d’une disparition des obligations et des exigences actuelles en matière de redistribution, les bénéficiaires de l’assistance sociale continueront à fournir tous les efforts possibles pour essayer de trouver un emploi. Pour vérifier cette hypothèse, il faut mener l’enquête et savoir quelles règles fonctionnent véritablement. »

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