Économie / Justice sociale

Philippe Van Parijs: “Le revenu de base permet de redistribuer une richesse qui vient du passé”

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Philippe Van Parijs: “Le revenu de base permet de redistribuer une richesse qui vient du passé”

Philippe Van Parijs en 2013 (cc) Philippe Coisne / Wikimedia Commons

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Cet article est issu du numéro 102 de Philosophie magazine « À quel point sommes-nous prévisibles ? », en kiosque le 18 août 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La question du revenu de base universel séduit les esprits, à droite comme à gauche. En France, le Premier ministre Manuels Valls projette de fondre les minima sociaux dans une allocation unique. Qu’en pense l’initiateur de ce concept, le philosophe belge Philippe Van Parijs ?

Votre idée d’un revenu de base gagnerait-elle du terrain ?

Philippe Van Parijs : Le projet de Manuel Valls d’un revenu de solidarité active [RSA] étendu aux jeunes ne correspond pas vraiment au principe du revenu de base, qui est inconditionnel, individuel, sans contrôle de ressources ni contrepartie. Mais, en France comme ailleurs, l’idée semble gagner les esprits. Le principe est même inscrit dans le projet du Parti socialiste pour la prochaine présidentielle. Tout se passe comme s’il y avait une convergence idéologique entre des libéraux authentiques, qui défendent la liberté réelle de tous et sont attirés par une mesure moins intrusive dans la vie privée que les aides sociales classiques, et la gauche de la gauche, soucieuse de défendre non l’égalité contre la liberté, mais la liberté réelle, le pouvoir de négociation des individus face aux capitalistes et aux bureaucrates. Et puis il y a le contexte socio-économique : la robotisation annoncée couplée à une croissance qui apparaît de moins en moins réalisable et désirable tend à accréditer le sentiment que le plein-emploi, au sens usuel, ne peut plus être le centre de gravité du système.

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