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L’adaptation roule des mécaniques

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L’adaptation roule des mécaniques

Réseau de neurones mécaniques © Jonathan Hopkins, CC BY-ND

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Cet article est issu du numéro 165 de Philosophie magazine « La question woke », en kiosque le 01 décembre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La capacité d’adaptation à l’environnement passe pour un trait caractéristique du vivant, par opposition à la matière inerte. Cependant, cette conviction pourrait bien être ébranlée par une équipe d’ingénieurs de l’université de Californie à Los Angeles : ces derniers ont mis au point un « réseau de neurones mécaniques » capable d’« apprendre » pour optimiser sa résistance aux contraintes physiques. Le réseau est constitué de pistons interconnectés et de capteurs (photo). Les données collectées par ces capteurs sont traitées par un algorithme qui calcule, selon la situation, la meilleure configuration possible et ajuste la longueur de chaque piston pour minimiser les faiblesses structurelles du réseau. La résistance de l’ensemble tient moins aux propriétés intrinsèques des matériaux qu’à la disposition des éléments les uns par rapport aux autres. Surtout, cette structure spatiale est modulable, évolutive, ce qui décuple sa résilience. La philosophe Catherine Malabou analysait cet avènement des « machines plastiques » dans son livre Métamorphoses de l’intelligence (PUF, 2017) : « les machines à venir seront aptes à se programmer elles-mêmes en s’adaptant en temps réel aux changements environnants ». Plus plastiques que l’humain, qui demeure aliéné à son corps et à son code génétique, deviendront-elles « leurs propres auteurs » ?