L’Anthropocène

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L’Anthropocène

© Nazario Graziano / Colagène pour PM

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Cet article est issu du numéro 63 de Philosophie magazine « 63 - octobre 2012 », en kiosque le 28 septembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Désormais, l’homme façonne la planète. Au point que les géologues rêvent de changer d’ère.

Le monde a changé d’ère et nous ne le savions pas. Nous croyions vivre à l’époque de l’Holocène, dernière de la période Quaternaire, elle-même incluse dans l’ère Cénozoïque qui consacre la (relative) stabilité de la Terre depuis la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années. Nous serions en fait entrés dans l’Anthropocène depuis trois siècles. C’est sur ce sujet que s’est écharpée une palanquée de stratigraphes (qui pratiquent l’art de fixer l’échelle du temps géologique) réunis du 5 au 10 août dernier à Brisbane, en Australie, pour le 34e Congrès international de géologie.

Le concept

L’Anthropocène implique que, depuis trois siècles, l’homme est devenu le principal facteur de l’évolution géologique de la planète. Un fait inédit dans l’histoire du monde, qui, pour certains, exige un nom nouveau.

L’Anthropocène correspondrait au moment où l’homme est devenu le facteur massivement déterminant de l’évolution géologique de la planète. Une espèce vivante, la nôtre, rompt de façon accélérée les équilibres millénaires, y compris en menaçant sa propre survie. Définir et nommer l’Anthropocène, c’est aussi faire entendre l’alerte.

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