Le « cas Wagner »

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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alain Badiou se fait l’avocat du musicien allemand dans le séminaire qu’il a organisé à l’École normale supérieure avec le compositeur François Nicolas. Souffrance, temps ou attente vaine sont des thèmes sur lesquels sa musique en dit long.

La liste des philosophes qui se sont penchés sur le « cas -Wagner » est longue, de son contemporain Friedrich Nietzsche à Martin Heidegger ou Theodor W. Adorno, jusqu’à nos jours, avec Philippe Lacoue-Labarthe ou Slavoj Žižek. Lorsque les philosophes prennent la plume, ce n’est pas pour orner le piédestal du compositeur : c’est presque toujours pour avoir, selon le mot d’Alain Badiou, une « explication » avec lui. Car Richard Wagner ne laisse guère indifférent, que ce soit sur le plan idéologico-politique, avec la question de l’antisémitisme ou du proto-nazisme, ou sur un plan plus proprement esthétique, avec la notion d’art total.

À l’instar des autres philosophes, Alain Badiou a résolu de « s’expliquer avec Wagner ». Il le fait dans le cadre du séminaire de « Musique et philosophie » donné à l’ENS. En réalité, plus qu’avec Richard Wagner, il « s’explique » avec ceux qui ont fait du compositeur une figure-repoussoir, au premier rang desquels Theodor Adorno. Philo-sophe et musicien lui-même, il est l’auteur d’un Essai sur Wagner écrit en 1937-1938, et d’une Philosophie de la nouvelle musique – à laquelle il faut ajouter La Dialectique négative. Dans ce dernier livre, écrit après la guerre, il est peu question de musique, mais Alain Badiou soutient que « s’y édifie une place singulière pour l’art en général et pour la musique en particulier ».

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