Questionnaire de Socrate
Vanessa Wagner. Piano solo
Vanessa Wagner © Caroline Doutre
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Cet article est issu du numéro 153 de Philosophie magazine « Peut-on changer de logique ? », en kiosque le 23 septembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le monde des pianistes se divise en deux catégories : ceux qui tirent dans tous les sens et ceux qui creusent. À se plonger dans la discographie de Vanessa Wagner, qui navigue entre classique et électro, on pourrait croire qu’elle appartient à la première. Mais ce serait ignorer la pugnacité avec laquelle elle trace son sillon dans un monde qui attend des musiciens l’enregistrement de grands concertos, point (double) barre. Dans son dernier album This is America ! (La Dolce Volta, 2021), enregistré à deux pianos avec Wilhelm Latchoumia, elle explore les grands espaces américains de la musique minimaliste et répétitive. De quoi souligner l’acharnement discret d’une pianiste à être elle-même.
La solitude, vous l’aimez comment ?
Choisie, régulière, assumée, accompagnée de musique triste, de bougies et de chats. La solitude est un élément essentiel de ma vie intérieure. Je ne m’ennuie pas souvent avec mes pensées, un vrai puits sans fond.
De quoi vous accuse-t-on ?
D’être rancunière – et c’est vrai.
Préférez-vous subir l’injustice ou la commettre ?
La commettre consciemment serait épouvantable. La subir donc, même si, comme je l’ai dit, je suis très rancunière. Je peux pardonner mais je n’oublie pas.