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Pourvu qu'on ait l’ivresse… Quand les penseurs parlent d'alcool

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Pourvu qu'on ait l’ivresse… Quand les penseurs parlent d'alcool

© Rizki Ardia / unsplash

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Cet article est issu du Hors-série n°67 de Philosophie magazine « Petit traité des vices à l’usage des honnêtes gens », en kiosque le 20 novembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le Banquet de Platon est une histoire de beuverie. Mais les avis des philosophes sur l’ivresse sont divers : libère-t-elle la pensée, ou nous rabaisse-t-elle au contraire en deçà de notre humanité ? À moins qu’elle soit un état-limite ambivalent… Petite antho-alcoologie à méditer avec modération.

 

Le vin intensifie la vie

« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. »

— Baudelaire, Le Spleen de Paris (1869, posthume)

« J’ai d’abord aimé, comme tout le monde, l’effet de la légère ivresse, puis très bientôt j’ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps. »

— Guy Debord, Panégyrique (Éditions Gérard Lebovici, 1989)

« Après trois coupes on est accordé au grand processus / 
Après une mesure on se fond à la nature […] Il faut sans hésiter boire / 
Pauvreté ou prospérité, vie longue ou vie courte, / 
La création éternelle les prodigue / 
Une coupe égalise la vie et la mort / 
Inutile donc de distinguer entre les dix mille choses / 
Ivre je perds notion du ciel et de la terre / 
Appuyé sur l’oreiller solitaire, ma conscience s’amenuise / 
Je ne sais plus où est mon corps / 
Ma joie est alors à son apogée. »

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