Édito
Le cheminement des grands enfants
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 110 de Philosophie magazine « Quelle part d’enfance gardons-nous ? », en kiosque le 01 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Nous aimons croire aux lents processus de maturation, à l’éclosion des talents, à la sublimation des défauts en qualités, à la résolution des névroses, à l’épanouissement des potentialités… Mais tout cela relève de croyance, et je suis prêt à soutenir que la réalité nue est qu’on ne change pas.
Cela vaut pour les autres : les quelques personnes que je connais depuis plusieurs décennies – qui ont, disons, 40 ans aujourd’hui, mais qui en avaient 6 ou 7 lorsque je les ai rencontrées – ont conservé, tout au long de ces années, le même sourire, le même humour, la même manière de marcher ou de bouger les mains, la même odeur corporelle et, de façon plus générale, la même personnalité. Les menteurs continuent à raconter leurs histoires étonnantes, les insolents à provoquer, les bagarreurs à suinter l’agressivité et les timides à rougir lorsqu’il s’agit de prendre la parole en public.