Existence

Le joyeux péril du "retour"

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Le joyeux péril du "retour"

Le retour d’Ulysse. Giorgio de Chirico, (Détail) Huile sur toile, H. 0,60; L. 0,80. (1968). Rome, Fondazione Giorgio e Ida de Chirico. © Akg-images

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On revient parfois, après les avoir quittés, dans les mêmes lieux, le même couple, les mêmes problèmes. S’agit-il d’une répétition mortifère ? Au contraire, affirme la philosophe Céline Flécheux dans Revenir, l’épreuve du retour : revenir, c’est devenir. Explications.

  


À l’image de Retour à Séoul, le beau film de Davy Chou en salles depuis le 25 janvier, évoquant le voyage en Corée du Sud d’une jeune femme adoptée en France en quête de ses origines, tout retour prend le risque de se transformer en épreuve existentielle, parfois douloureuse, parfois libératrice. Moteur fictionnel inépuisable, ce motif du retour hante l’histoire du cinéma et de la littérature. Il y a les « retours à » : au pays natal, à Howards End, à Poudlard, à Montauk, à Ithaque, à Reims, à Yvetot, à Brooklyn… Il y a les « retours de » : du héros, du soldat, du rescapé, du fils prodige, du Jedi, de la panthère rose, de Martin Guerre, de l’inspecteur Harry, de Casanova, de Frankenstein, de la momie… Mais aussi les « retours sur » (sur soi, sur terre, sur investissement…) et les « retours vers » (le futur chez Robert Zemeckis).

On parle aussi des retours de flamme, de bâton, de balancier, ou du retour à la source, aux fondamentaux, à la nature, à la vie normale… Bref, on revient sans cesse à, sur et de. « Mille formules pour le retour (voilà le péril) », écrivait Nietzsche (Fragments posthumes sur l’éternel retour). Seuls ceux qui restent échappent à l’épreuve du retour, dont la matrice narrative remonte à l’épopée du « héros du retour » comme le baptise Vladimir Jankélévitch : Ulysse, roi d’Ithaque, revenant chez lui après des années d’errance. L’Odyssée de Homère pose de manière fondatrice l’enjeu des articulations entre le retour, la mémoire, l’oubli, la nostalgie, la répétition, la déception, la reconnaissance de celui qui revient, la transformation de soi…

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