Généalogie
Le nomadisme
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Cet article est issu du numéro 43 de Philosophie magazine « 43 - octobre 2010 », en kiosque le 30 septembre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Le mode de vie nomade est de moins en moins adapté à la vie d’une société moderne », a déclaré le Premier ministre, François Fillon, durant la campagne d’expulsions lancée cet été contre les Roms. En fait, le débat fait rage depuis l’Antiquité.
La malédiction de Caïn
La Genèse
Lorsque Caïn, le laboureur sédentaire, tue son frère Abel, le pasteur nomade, Dieu le punit par l’exil. « Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la Terre. » Si Abel est le premier nomade, Caïn est le premier déraciné, puni par la rupture du lien avec la terre.
L’apatride, « brandon de discorde »
Aristote (330 avant J.-C.)
Si l’homme est un « animal politique », l’apatride ne peut être aux yeux d’Aristote qu’une bête ou un Dieu. « Celui qui est sans cité, naturellement et non par suite des circonstances, est ou un être dégradé ou au-dessus de l’humanité. […] Sans famille, sans loi, sans foyer, car, en même temps que naturellement apatride, il est aussi un brandon de discorde, et on peut le comparer à une pièce isolée au jeu de trictrac. » (La Politique)