Société / Religion
Le pari du pape François
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Cet article est issu du numéro 112 de Philosophie magazine « À quoi tient l’autorité ? », en kiosque le 24 août 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le pape François, jésuite, envisage de béatifier Blaise Pascal, célèbre adversaire de son ordre : proximité spirituelle ou calcul cynique ?
Le 6 juillet dernier, Eugenio Scalfari, athée de gauche, fondateur du journal italien La Repubblica, âgé de 93 ans, était invité par le pape François au Vatican. Les deux hommes se connaissent et s’estiment. Dans un précédent entretien, ils avaient déjà évoqué Descartes. Cette fois, Scalfari parle de Spinoza et de Pascal. Faisant l’éloge de ce dernier, l’homme de presse conclut : « Personnellement, je pense que quelqu’un comme Pascal devrait être béatifié. » Et le souverain pontife de répliquer spontanément : « Moi aussi, je pense qu’il mériterait la béatification. J’envisage de demander la procédure nécessaire et l’avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive. »
Réponse étonnante de la part du premier pape jésuite de l’histoire, car Pascal, éminent représentant du courant janséniste, fut l’un des plus farouches adversaires de la Compagnie de Jésus. Dans Les Provinciales (1657) – qui eut en son temps un succès considérable mais que le pape Alexandre VII mit à l’Index –, il accusait les Jésuites de vendre à bon compte l’absolution divine, ce qui favorisait les conduites laxistes.