Monde / Catholicisme
Léon XIV, un pape en quête d’unité
Vatican, Rome (Italie), le 9 mai 2025. Le pape Léon XIV, lors d’une messe avec les cardinaux dans la chapelle Sixtine. © Vatican Media/AFP
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Cet article est issu du numéro 190 de Philosophie magazine « Comment se changer les idées ? », en kiosque le 28 mai 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Robert Francis Prevost est devenu le 267e pape de l’Église catholique sous le nom de Léon XIV. Nicolas Tenaillon, auteur de Dans la tête du pape François (Solin-Actes Sud, 2017), nous propose un portrait philosophique du nouveau souverain pontife.
Les paroles prononcées sur le balcon de la basilique Saint-Pierre par un pape nouvellement élu donnent des indices sur le programme de son pontificat. Que retenir de celles de Léon XIV ? D’un côté, le souci de continuer l’œuvre de son prédécesseur qui rêvait d’une « humanité réconciliée ». Léon XIV n’a pas manqué de rappeler à cet égard que le pape est un pontifex, un « faiseur de ponts », ce pour quoi il est nommé « souverain pontife » depuis le pape Théodore Ier. Il a par ailleurs tenu à dire qu’il était membre des augustins. La création de cet ordre mendiant, apparu au XIIIe siècle, lors de l’essor urbain et de la naissance des universités en Europe, avait pour but de reproduire l’esprit communautaire des apôtres, à la fois dans la prière et l’entraide mutuelle, en s’appuyant sur une règle monastique savamment établie où priment notamment le recueillement et l’étude des Écritures. Enfin, Léon XIV affirme que « le mal ne triomphera pas », phrase typiquement augustinienne. Pour l’auteur des Confessions, contrairement à ce que croient les manichéens, le mal n’a en effet pas de consistance ontologique, pas de réalité dans la Création. Il n’apparaît que dans nos mauvais choix.