Climat

Les conseils de huit philosophes pour survivre à la canicule

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Les conseils de huit philosophes pour survivre à la canicule

©Mohamed Nohassi/unsplash

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Comment endurer la chaleur ? Quelle est la meilleure éthique personnelle à adopter par temps caniculaire ? De l’astucieux au solitaire, en passant par l’immobile… voici huit attitudes possibles pour mieux supporter la fournaise. 


1. Les techniciens 

La climatisation. C’est sans doute la solution la plus évidente. C’est aussi celle qui permet de protéger, voire de sauver les plus vulnérables particulièrement fragilisés par les épisodes caniculaires. Lors des pics de chaleur, elle permet de vivre en rupture météorologique avec l’extérieur, de créer une bulle de fraîcheur. Ce genre de confinement climatique est la solution technique par excellence. C’est aussi, malheureusement, la plus coûteuse sur le plan écologique, dans la mesure où le climatiseur libère de l’air chaud à l’extérieur, ce qui contribue à créer des îlots de chaleur. De plus, leur utilisation massive lors des épisodes de fortes chaleurs entraîne un besoin en énergie électrique qui oblige parfois à utiliser des centrales au gaz, comme cela a été le cas entre le 29 et le 30 juin, ce qui entraîne des émissions de CO₂. Bref : on réchauffe l’atmosphère en voulant se rafraîchir. On renforce le problème que l’on cherche à combattre. 

Ce type de cercle particulièrement vicieux a été étudié par Jacques Ellul, dans son essai La Technique ou l’enjeu du siècle (1954) :

« Il faut considérer que ce développement [technique] augmente les problèmes techniques eux-mêmes, en donnant une solution partielle aux anciens problèmes, mais en poursuivant délibérément la voie qui les avait provoqués. On agit ainsi selon la méthode célèbre qui consiste à faire un trou pour boucher celui qui est à côté. »

Alors, oui, la climatisation est salutaire pour notre confort, voire notre survie, mais elle contribue aussi à dégrader nos conditions de vie à plus grande échelle. 

 

2. Les agissants 

Depuis le début de la canicule qui submerge une bonne partie de l’Europe, les messages écologistes se multiplient. La crainte, voire l’angoisse très profonde, occasionnée par ces vagues de chaleur est mise à profit pour sensibiliser plus directement à la violence du dérèglement climatique. Cette stratégie repose sur un présupposé d’ordre sensualiste. Ce n’est qu’en sentant dans notre chair les effets du dérèglement que l’on pourra agir. Seul notre environnement sensoriel immédiat est moteur pour l’action. C’est la thèse défendue par Denis Diderot qui affirme, dans La Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient (1749) : « Je n’ai jamais douté que l’état de nos organes et de nos sens n’ait beaucoup d’influence sur notre métaphysique et sur notre morale » (lire aussi l’article que nous avons récemment consacré à ce sujet). Autrement dit, si la canicule est un moment terrible, elle permet aussi de revoir notre rapport à la morale et à l’environnement. 

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