Les notions et les penseurs de l'amour

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Cet article est issu du numéro 71 de Philosophie magazine « 71 - été 2013 », en kiosque le 04 juillet 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La beauté

Platon (v. 428-v. 348 av. J.-C.)

Le Banquet propose six éloges d’Éros ; dans le dernier, Socrate parle au nom d’une étrangère, Diotime. L’amour est conçu comme ce qui nous élève : d’abord, nous nous attachons à un corps en particulier, puis nous passons du sensible à l’intelligible ; l’amour mène à la contemplation des Formes immuables. L’amour « situe le moment où, pour l’être humain, la vie vaut d’être vécue, parce qu’il contemple la beauté en elle-même » et le bien en soi.
 

La dépendance

Lucrèce (v. 98-v. 55 av. J.-C.)

 « Notre cœur [brûlant] d’un funeste désir » (De la nature) : sombre vision de l’amour que celle du poète-philosophe romain, disciple d’Épicure. Excités par la vue des beaux corps, les hommes succombent à une « fureur » peu reluisante : « Ils se clouent corps à corps, avides, de leurs bouches mélangeant la salive. » Les ardeurs de l’amour entraînent une dépendance tant physique qu’affective – nous sommes dépossédés de nous-mêmes.
 

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