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L’“Orient compliqué”, une idée simpliste ? La chronique de Michel Eltchaninoff

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L’“Orient compliqué”, une idée simpliste ? La chronique de Michel Eltchaninoff

Des hommes musulmans et juifs dans la vieille ville de Jérusalem le 28 juillet 2009. © Rafael Ben-Ari/Chameleons Eye Photo via Newscom/Sipa

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Cet article est issu du numéro 177 de Philosophie magazine « Que peut-on opposer à la violence ? », en kiosque le 15 février 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En affirmant que le conflit israélo-palestinien est insoluble, on emploie un vieux cliché sur un Orient réputé trop tortueux face à la prétendue clarté occidentale. Le « c’est plus compliqué que ça » ne serait-il pas une géopolitique de l’autruche ?

 

Dans mon petit dictionnaire personnel des idées reçues, il y a l’entrée « Orient » : « Compliqué, surtout quand on y vole avec des idées simples ». Certes, cette formule que l’on trouve dans les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle est tronquée, car la conviction du général était qu’« une partie essentielle s’y jouait » et qu’il « fallait donc en être ». Mais l’idée est restée. Même quand on sait faire la différence entre les musulmans sunnites et chiites, entre le Hezbollah et le Hamas, les Druzes et les Alaouites, on n’y comprend plus grand-chose. Pourquoi le président égyptien refuse-t-il d’accueillir les réfugiés de Gaza ? À quoi joue le Qatar, qui négocie avec tout le monde tout en protégeant les dirigeants du Hamas ? L’Iran et l’Arabie saoudite sont-ils des adversaires ou des alliés ? Comment Israël pourrait-il accepter un État terroriste à ses côtés ou intégrer à l’État hébreu des Palestiniens à la forte fécondité ? À quels saints les civils palestiniens peuvent-ils encore se vouer ?

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