Entretien
Mahnaz Shirali : “Les Iraniens n’arriveront pas à renverser le pouvoir sans l’aide de la communauté internationale”
Téhéran (Iran), le 9 janvier 2026. Un manifestant brandit un portrait de Reza Pahlavi (fils du shah d’Iran). © Mahsa/Mei/Sipa
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Pour Mahnaz Shirali, sociologue et spécialiste de la jeunesse iranienne, le fils de l’ancien shah ne fait pas l’unanimité, mais permet à tous les Iraniens de s’unir derrière un leader. Reste que la répression l’emportera si la communauté internationale n’aide pas les manifestants. Entretien.
Quel est le sens profond du nouveau mouvement de révolte qui secoue l’Iran ?
Mahnaz Shirali : Si la révolte l’emporte, ce sera beaucoup plus que la chute d’un régime. Ce sera la fin de l’empire du religieux sur le politique. En Iran chiite, contrairement au reste du monde musulman, il existe un clergé, qui s’est toujours battu pour obtenir le pouvoir, et qui a fini par l’acquérir en 1979 lors de la révolution islamique. Depuis, l’emprise est totale et étouffe la société. Malgré un XXe siècle en Iran marqué par une certaine modernité, le clergé chiite n’a jamais été vraiment quiétiste, partisan d’une séparation du politique et du religieux. Il a toujours voulu influer le pouvoir politique – même en s’opposant à lui. Avec l’ayatollah Khomeini, il a obtenu l’intégralité du pouvoir politique. Ce qui se passe en ce moment est peut-être la fermeture de cette longue période de domination du religieux.
“Si la révolte l’emporte, ce sera beaucoup plus que la chute d’un régime. Ce sera la fin de l’empire du religieux sur le politique”