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Manif contre les retraites : le slogan, tout un art

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Manif contre les retraites : le slogan, tout un art

© Victorine de Oliveira

À l’appel de plusieurs organisations syndicales, des centaines de milliers de personnes ont manifesté partout en France, mardi 31 janvier, contre le projet de loi de réforme des retraites. Dans le cortège parisien, slogans et pancartes portaient des revendications parfois philosophiques. Portfolio.


Travailler moins pour vivre plus

« Travailler moins pour vivre plus »

En détournant un slogan de l’ancien président Nicolas Sarkozy (« Travailler plus pour gagner plus »), cette femme oppose un gain quantitatif à une meilleure qualité de vie.

 

Abandon réforme

« L’abandon de la réforme, c’est plus négociable »

Une réponse à la Première ministre qui a déclaré dimanche sur France Info que l’âge légal de départ à la retraite fixé à 64 ans par la nouvelle réforme n’était « plus négociable ».

 

Taux plein

« Je veux vivre à taux plein »

Le temps de travail grignote la vie, au point parfois de se confondre avec elle. La retraite constitue l’espoir de retrouver une vie pleine et entière.

 

Arthrite

« La r’traite avant l’arthrite »

Le slogan a fait florès depuis les premières manifestations, témoignant de la façon dont un bon mot peut devenir viral sans que personne ne connaisse son auteur. Tout le long du parcours à Paris, les manifestants se sont par ailleurs largement approprié les espaces JC Decaux, en remplaçant les slogans publicitaires par des revendications politiques, dans une démarche situationniste.

Consentement

« Pour la retraite aussi faut le consentement »

Le gouvernement est ici assimilé au « forceur », homme qui passe outre le consentement de sa victime pour obtenir ce qu’il veut. La rue dit non, mais le gouvernement lui répond qu’elle n’a pas bien compris…

 

Patriarcat

« Le patriarcat nous crève au travail »

Le gouvernement l’a reconnu : la réforme désavantage les femmes, sans parler des personnes non binaires, davantage discriminées au travail, et donc susceptibles de connaître des carrières plus hachées. De quoi alourdir un peu plus la charge mentale, ce qui ne passe pas.

 

Invertissez

« Prolétaires de tous les pays invertissez-vous »

L’Internationale dépasse les classes pour devenir intersectionnelle…

 

Projet

« C’est pas bientôt fini ce projeeeet ?! »

Un collectif de graphistes distribuait gratuitement stickers et affiches aux manifestants boulevard de Port-Royal, tournant notamment en ridicule un discours de campagne d’Emmanuel Macron resté célèbre pour une légère sortie de route vocale. Un projet qui n’en est plus vraiment un, d’après les manifestants, puisque bien loin de rendre l’avenir désirable, il l’assombrit.

Asticots

« Le repos avant de servir de bouffe aux asticots »

Les Anciens prônaient l’otium comme temps nécessaire pour la contemplation et la réflexion. Pas sûr que les conditions soient réunies pour que les retraites contemporaines ressemblent à ce moment de repos.

 

Grrr

« Grrr !! »

Au-delà de revendications politiques, les manifestations sont parfois le lieu d’expression d’affects purs. Ici, la colère, ou la grogne, comme on désigne parfois les mouvements sociaux, se met en scène avec humour – pour le moment.

 

Blanche Neige

Blanche-Neige vieillissante : « Un jour, ma retraite viendra… »

La retraite, un conte de fées ?

 

Démesure

« La démesure des retraites ignore le bien commun et public »

Difficile de se mettre d’accord sur les chiffres : le système est-il vraiment déséquilibré ? Sur quelle catégorie de population porte d’abord l’effort ? Combien de trimestres de cotisation pour quel taux ? On s’écharpe, mais en attendant, c’est tout une réflexion sur le commun qui passe à la trappe, déplorent ces manifestantes.

 

Effondrement

« La retraite avant l’effondrement »

Jared Diamond et les 800 pages (en poche) de son Effondrement font une excellente lecture pour temps de retraite !

 

à jeter

« À jeter »

On pourrait dire qu’il s’agit du degré zéro de la pancarte, puisque la manifestante n’a même pas écrit elle-même son slogan ; elle a détourné un objet existant. Et pourtant, elle exprime un sentiment partagé par bon nombre de personnes présentes dans le cortège : le ras-le-bol. Ce dernier ne revendique peut-être rien, mais il est le premier stade de la colère.