Revue de presse
Marx ou crève
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Cet article est issu du numéro 54 de Philosophie magazine « 54 - novembre 2011 », en kiosque le 27 octobre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Parmi les à-côtés de la crise financière, il y a le fait que de plus en plus de gens se mettent à penser que Marx avait raison. […] Il avait tort à propos du communisme, mais il a prophétisé avec justesse les conséquences de la révolution du capitalisme. Et ce n’est pas seulement son instabilité endémique qu’il a perçue, encore que de ce point de vue, il était bien plus clairvoyant que la plupart des économistes de son temps – comme du nôtre. Mais, plus profondément, Marx avait compris comment le capitalisme faisait vaciller sa propre assise sociale – le mode de vie de la classe moyenne. Lorsqu’il affirma que le capitalisme allait plonger la classe moyenne dans quelque chose qui allait ressembler à l’existence précaire des travailleurs harassés de son temps, Marx anticipait un changement dans nos manières de vivre avec lequel nous tentons, maintenant seulement, de composer. […] En contemplant un futur envahi par les lois du marché, il écrivait dans Le Manifeste : “Tout ce qui est solide se dissout dans l’air.” […] C’était extraordinairement bien vu. […] Un siècle et demi plus tard, nous vivons dans le monde qu’il avait prévu, où la vie de chacun est expérimentale, provisoire, et peut être ruinée à tout moment. »