Michaël Foessel. Une pensée de la consolation
Michaël Foessel © Marchadour
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La quatrième édition du Festival Mode d’Emploi organisé par la Villa Gillet, se tiendra du 16 au 29 novembre 2015. Voici en avant-première le texte proposé par Michaël Foessel, philosophe spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique. Il interviendra le samedi 28 novembre à 17h45 heures au Grand Amphi de l'ENSBA de Lyon, à l'occasion d'une rencontre intitulée : “Ainsi vivent les morts”.
Nous vivons sous l'impératif de résilience selon lequel n’importe quel traumatisme peut être dépassé par le retour du système ou de l’organisme à ses propriétés initiales. Emprunté à la physique où il désigne l’énergie absorbée par un corps lors d’une déformation, le concept de résilience charrie une image bien précise du psychisme humain. Il assimile ce dernier à un organisme qui, pour amortir les chocs qu’il subit, doit s’appuyer sur un certain nombre de structures qui lui sont essentiellement liées. Il y a résilience par la réactivation de capacités déjà présentes dans le sujet, mais tellement enfouies qu’elles ne lui permettent pas de faire face à la catastrophe. L’impératif est clairement celui d’une restauration : retrouver en soi les forces suffisantes pour rétablir un ordre qui efface les effets du traumatisme. Ce n’est pas un hasard si l’impératif de résilience s’intègre aussi facilement à la politique envisagée dans les termes du problem solving : on parle de « communautés résilientes » dans le cadre de l’assistance psycho-sociale accordée à des collectivités victimes d’une catastrophe. Le but est d’incorporer le choc de telle sorte qu’il laisse inentamé l’organisme. Au terme du processus, la perte se trouve réduite à un non-événement qui n’altère pas davantage le psychisme individuel que le corps social en son entier.