Mission impensable. Hans Jonas

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Cet article est issu du numéro 86 de Philosophie magazine « 86 - février 2015 », en kiosque le 15 janvier 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La modernité a tendance à accorder une foi aveugle au progrès technologique. Une évidence pour Hans Jonas, précurseur de la pensée écologique, mais moins pour ses lecteurs… Petit guide de survie dans la jungle de l’éthique de la responsabilité.

« La caractéristique commune, éthiquement importante[1], dans tous les exemples cités est ce que nous pouvons appeler le trait “utopique” ou sa dérive utopique[2] qui habite notre agir sous les conditions de la technique moderne[3] – que celui-ci déploie ses effets sur la nature humaine ou non humaine ou que l’“utopie” soit finalement planifiée ou non planifiée. Par le type et la simple grandeur de ses effets boule de neige[4], le pouvoir technologique nous pousse en avant vers des buts du même type de ceux qui formaient autrefois la réserve des utopies[5]. »

Le Principe responsabilité (1979), p. 43 

 

Traduction très libre

Regarde ce champ de maïs. C’est du maïs génétiquement modifié. Il nourrit les hommes, rend les plants plus résistants, enrichit le cultivateur. Mais comment savoir s’il n’aura pas des effets néfastes sur la nature ou la santé ? Quels médicaments faudra-t-il alors inventer pour guérir les maladies qu’il aura engendrées ? Alors, tu crois vraiment que les OGM font le bien de l’humanité ?
 

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