La citation corrigée

“On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve”

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Cet article est issu du numéro 108 de Philosophie magazine « Pourquoi tout peut arriver », en kiosque le 23 mars 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La citation corrigée par François Morel.

Il paraît qu’il était mélancolique, Héraclite. Je ne peux pas dire, je ne l’ai pas connu personnellement. Mais un vieil oncle à moi qui, dans sa jeunesse, passait une bonne partie de ses vacances en Grèce, me soutient qu’il était peu porté sur la rigolade. S’il évoquait l’impermanence des choses, c’était pour la regretter. Héraclite, semble-t-il, ne faisait pas partie de la brigade du rire. Il fallait toujours qu’il gémisse sur l’instabilité des choses. Il ne pouvait pas supporter la mobilité, l’inconstance, la précarité de vous, de moi, de la fleur qui pousse, de l’enfant qui s’amuse, de l’arbre qui grandit. Il était comme ça, Héraclite, il aurait voulu que rien ne change, que rien ne bouge, jamais.

Pardon, mais la vie, c’est tout ce qui n’est pas définitif. La vie, c’est ce qui se meut, se déplace, se transforme. C’est comme ça. Je n’ose pas imaginer le désarroi d’Héraclite s’il avait dû vivre le passage à l’euro, les nouveautés sur la Freebox, l’éviction de Julien Lepers. Voici une chose qu’il n’aurait sans doute pas supportée…

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