Nietzsche. Cap au sud

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Nietzsche. Cap au sud

Èze, France (cc) Chris Brown / Flickr

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Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Lassé des ciels sombres de la pensée protestante, Friedrich Nietzsche se tourne vers l’azur du Midi. Il trouve en Méditerranée l’écrin naturel et originel de sa quête philosophique. Sur les hauteurs de Nice naît le troisième tome de Zarathoustra.


« Plus de sentier ! Abîme tout autour et silence de mort ! Tu l’as voulu ! Du sentier s’est détournée ta volonté ! Allez voyageur ! Aie le regard froid et clair ! Tu es perdu, si tu crois – au danger. »

Le voyageur (27) dans  Le Gai Savoir. 

 

 

Le prophète s’est mis en route à minuit, par-dessus la crête de l’île Bienheureuse, pour rejoindre la rade où il s’embarquera au matin. « Or Zarathoustra, tout en gravissant la montagne, songea en route aux nombreux voyages solitaires qu’il avait accomplis depuis sa jeunesse, et combien de montagnes, de crêtes et de sommets il avait déjà franchis. » En décembre 1883, Friedrich Nietzsche vient pour la première fois à Nice où il passera tous les hivers des cinq prochaines années (1). Il y rédige la troisième partie de Zarathoustra et le chapitre le plus long de l’ouvrage, « Des vieilles et des nouvelles tables ». Il rendra plus tard grâce à la « plénitude de lumière » du ciel alcyonien de Nice qui avait guidé ses pas sur les traces de celui qui enseignait le « sens de la terre » : « Bien des endroits cachés, bien des hauteurs des environs de Nice sont pour moi sanctifiés par d’innombrables instants ; cette partie capitale intitulée “Des vieilles et des nouvelles tables” fut composée au cours de la très pénible montée de la gare au merveilleux nid d’aigle maure d’Èze » (Ecce Homo).

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