Intelligence artificielle / Éthique

Noam Chomsky, ChatGPT et la banalité du mal

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Noam Chomsky en 2014

Noam Chomsky en 2014. © Uli Deck/dpa/AFP

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Cet article est issu du numéro 169 de Philosophie magazine « Complotisme. Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? », en kiosque le 27 avril 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le philosophe et linguiste Noam Chomsky dénonce la « fausse promesse » de l’intelligence artificielle qu’il accuse de diffuser un usage dévoyé du langage et de la pensée susceptible de faire le lit de ce que Hannah Arendt appelait la « banalité du mal ».

 

L’arrivée du logiciel de conversation généré par intelligence artificielle (IA) ChatGPT développé par OpenAI, suivi par celle du système Bard, son homologue chez Google, a créé l’événement. Pour la première fois peut-être, les usagers peuvent se saisir d’un outil de l’IA et l’utiliser dans leur quotidien, en lui soumettant des requêtes professionnelles ou en engageant avec lui de véritables conversations. Et en jugeant, sur pièce, de la qualité de ses réponses. Sans compter les entreprises qui envisagent demain, grâce à cet outil, d’automatiser toute une série de tâches et de métiers. Mais cet engouement n’est-il pas fondé sur une confusion problématique entre la génération automatisée du langage par la machine – basée sur l’exploitation statistique de données générées par des humains que la machine recrache « intelligemment » – et la capacité humaine à parler grâce à la pensée ? C’est la question fondamentale que pose le philosophe Noam Chomsky dans la tribune parue dans The New York Times et cosignée avec Ian Roberts, linguiste à l’Université de Cambridge, et Jeffrey Watumull, philosophe spécialiste de l’IA.

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