Jeux de stratégie
Noël en octobre pour sauver Nicolás Maduro ? La chronique de Michel Eltchaninoff
Le président Nicolas Maduro s'adresse à ses partisans à Caracas, au Venezuela, le 3 décembre 2023. ©AP Photo/Matias Delacroix/Sipa
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Cet article est issu du numéro 183 de Philosophie magazine « Comment trouver le bon rythme ? », en kiosque le 26 septembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Moins de pain mais plus de jeux ! L’autocrate contesté du Venezuela veut faire oublier les fraudes électorales, la répression et la crise économique en avançant les célébrations de Noël de trois mois. Surestime-t-il la puissance symbolique de la fête ?
« Ça sent Noël », a glissé, réjoui, Nicolás Maduro lors de son show télévisé hebdomadaire. La formule contraste avec les déclarations du président vénézuélien en place depuis 2013, qui refuse d’admettre les fraudes entachant les élections de la fin juillet et exclut de quitter le pouvoir. Après avoir accusé les États-Unis et l’opposition « fasciste » des pannes d’électricité géantes et des pénuries auxquelles a mené sa politique, il annonce la trêve de fin d’année avec trois mois d’avance. « La paix, le bonheur et la sécurité » reviendront avec ces vacances anticipées, assure-t-il. Délire de dictateur ayant perdu contact avec la réalité ? Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il utilise ce subterfuge, avec un certain succès, dans un pays à la dérive où Noël est si populaire. Mais cette fois-ci, qui acceptera d’oublier le marasme ambiant et la terreur au nom du dîner de famille, de la messe de minuit et des petits cadeaux ?