Débat
Nous ne sommes pas seuls ici. Le point de vue d'Amos Oz
Amos Oz (cc) Wikimedia Commons / Michiel Hendryckx
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 17 de Philosophie magazine « 17 - mars 2008 », en kiosque le 28 février 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Comment le conflit s’est immiscé dans les imaginaires des deux peuples jusqu’à définir l’identité profonde de chacun, à la fois enchevêtrée et fermée l’une sur l’autre ? Le romancier israélien Amos Oz et le philosophe palestinien Sari Nusseibeh confrontent leur vision en se racontant.
En ouverture à son autobiographie, Il était un pays. Une vie en Palestine (Lattès), Sari Nusseibeh, intellectuel palestinien engagé, interpelle Amos Oz. « J’ai grandi à moins de cinquante mètre d’Amos Oz, de l’autre côté du no man’s land établi à la suite de la première guerre arabo-israélienne... Or aucun Arabe ni la moindre allusion au monde que j’ai connu, enfant, n’apparaissent dans son récit Une histoire d’amour et de ténèbres (Gallimard). L’absence d’Arabes dans les souvenirs d’Amos Oz petit m’incita à revenir sur ma propre éducation. Qu’est-ce que mes parents connaissaient du monde où évoluait la famille d’Amos Oz ? Soupçonnaient-ils l’existence des camps de la mort ? Les adversaires du conflit israélo-palestinien ne -restaient-ils pas repliés sur leurs propres tragédies ; indifférents, voire hostiles, à celles qui frappaient l’ennemi ? Cette incapacité à se figurer l’existence de “l’autre” ne gît-elle pas au cœur du conflit qui nous oppose ? » Amos Oz répond, depuis le désert du Néguev, en racontant son itinéraire.
Rencontre avec Amos Oz
Philosophie magazine : Dans Une histoire d’amour et de ténèbres, vous expliquez que votre père ne voulait pas adhérer aux thèses du philosophe Martin Buber, partisan d’un État binational, qui invitait les Israéliens à fraterniser avec les Arabes. Était-ce par risque d’être faible ?