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Où vont les “millennials” ? Réponses en trois livres

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Où vont les “millennials” ? Réponses en trois livres

©Odile Jacob - ©Flammarion - ©Les Arènes

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Cet article est issu du numéro 194 de Philosophie magazine « La mort, autant s’y préparer », en kiosque le 30 octobre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ils ont la trentaine et une partie d’entre eux prendront bientôt le pouvoir économique et politique. Une sociologue, un essayiste et une environnementaliste tentent de dessiner leur trajectoire mentale : entre un fort lyrisme contestataire, la difficile rupture avec le sectarisme politique et un audacieux optimisme écologique.

 

Pas facile de savoir où l’on va, entre les tensions diplomatiques, les charges quotidiennes contre la démocratie ou la laïcité, l’ébranlement du souci d’autrui… Pour comprendre l’esprit du temps, la sociologue Monique Dagnaud a eu l’idée de s’intéresser à ceux qui sont « au bord du pouvoir » économique et politique, aux trentenaires français urbains et très diplômés. Génération reset (Odile Jacob) dresse une cartographie mentale très étonnante de ceux qu’on a appelés les millennials, les premiers à avoir grandi avec Internet. Face à la société, ses mœurs et son organisation politico-économique, cette génération manifeste un « lyrisme contestataire ». Pourtant, elle est aussi habitée par une forme de résignation et de repli sur soi. « Méfiance de tout, attente de rien », résume Dagnaud.

Le plus saisissant est sûrement le côté sombre de cette classe d’âge. 70 % des répondants déclarent se sentir « très vulnérables psychologiquement face à ces temps troublés ». Angoissés par les agressions hors de chez eux, ils sont plus largement convaincus que l’humanité régresse et « marche droit vers le précipice », en grande partie à cause de la crise écologique. Pour aller mieux, ils ne font plus vraiment la fête mais valorisent la solitude ou le cercle amical le plus réduit. Enfin, cette vulnérabilité est irriguée par un certain ressentiment à l’égard de leurs aînés qui ont, pensent-ils, bénéficié d’une vie trop insouciante. Pis encore, une bonne partie de ces trentenaires, après avoir été mis en concurrence et atteint « un niveau éducatif inédit dans les sociétés modernes », disent connaître un sentiment de déclassement en exerçant des emplois monotones et dénués de sens.

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